Visiter les îles de Petite-Terre
Dernière mise à jour : 06/05/2026
Coucou à tous, c’est Mélanie !
C’est rare que je le fasse, mais j’ai emprunté le clavier de Sylvain car j’ai eu la chance de découvrir ces îles de Petite-Terre avec ma maman et des amis à elle. Vous l’aurez remarqué, je suis toujours dans de bons plans, puisque la dernière fois, c’était pour vous raconter mon vol en ULM en Guadeloupe, en particulier au-dessus des îles de Petite-Terre et de la Désirade !
En août 2024, cela fait maintenant trois ans que nous vivons en Guadeloupe. Nous avions déjà fait le tour des îles de Guadeloupe (Désirade, Terre-de-Haut, Terre-de-Bas, Marie-Galante) et il ne nous manquait plus que d’aller découvrir celles de Petite-Terre.
Elles sont classées réserves naturelles marines et terrestres depuis 1998 et sont composées de 2 îlets : Terre-de-Haut et Terre-de-Bas. Ces dernières sont entourées d’un récif corallien et inhabitées. Seule Terre-de-Bas est accessible au public.

Comme d’habitude, voici le récit de notre balade, suivi des informations pratiques pour aller explorer Petite-Terre.
Les îles de Petite-Terre - Un peu d’histoire…
Bien qu’au premier abord on puisse croire qu’il ne s’agisse que d’une destination de « plage de sable blanc et cocotiers », il me paraît important de vous donner quelques notions d’histoire. Les Arawaks et les Kalinagos en ont été les premiers occupants, entre 600 et 1500 après J.C., comme en témoignent les vestiges de poteries et d’outils en pierre retrouvés sur l’île. À l’époque, ils vivaient de la pêche, de l’élevage et de la culture du coton.
Christophe Colomb a rencontré ces tribus lors de son arrivée en 1493. À la fin du XVIIIe siècle, les Européens, venus de l’île de la Désirade, y ont introduit l’agriculture, en commençant par celle du coton. Les vestiges de murs de pierre témoignent de l’organisation agricole. Les premières familles se sont alimentées principalement d’ignames, de patates douces, de giraumons et de pois, tout en cherchant à collecter et à stocker l’eau de pluie, essentielle à leur survie dans cet environnement dépourvu de sources. C’est à partir de 1972 que l’île a été désertée par manque d’eau potable.
Avec le développement de la pêche et du commerce maritime, la construction du premier phare guadeloupéen en 1840 est devenue nécessaire pour baliser les terres. Il est surnommé “Phare du bout du Monde”, mesure 23 m de haut et s’élève à 35 m au-dessus de la mer.
En 1998, Petite Terre est devenue une réserve naturelle marine et terrestre, gérée par l’Office National des Forêts (ONF) dans le but de protéger son écosystème fragile. L’accès aux îles de Petite Terre est très réglementé pour respecter son écosystème très fragile. Je vous en parlerai après.


Découverte des îles de Petite-Terre!
La journée commence tôt, puisque le départ se fait depuis Saint-François (donc à l’opposé de chez nous) à 7h30, près de la gare maritime à côté de la station essence (pour les bateaux). Nous avons choisi le prestataire Pouldo car la sortie se fait en petit groupe de 12 personnes. Deux formules sont disponibles : journée complète sur Petite Terre ou une demi-journée sur Petite-Terre et repas à la Désirade. Je suis partie avec ma maman et des amies à elle, j’ai donc opté pour la deuxième formule, sachant que la Désirade fait partie des îles guadeloupéennes que je préfère.
Après environ 40 minutes de navigation sur une mer calme (ouf, on a eu de la chance car la veille nous étions en alerte jaune), le ciel se dégage et nous permet d’apercevoir Marie-Galatante à l’est facilement reconnaissable par son relief plat et la Désirade à l’ouest.
Juste avant d’arriver sur les îles de Petite-Terre, notre guide Neymar, alias Pouldo, nous fait un briefing sur le déroulé de la journée et sur les règles strictes à respecter. Nous accostons sur l’île de Terre-de-Bas, au mouillage à 20m de la plage, la descente se fait directement dans l’eau, sac à dos sur la tête ! Rappelez-vous, je vous ai dit plus haut, l’île de Terre-de-Haut est interdite au public. Plage de sable blanc, cocotiers et eaux cristallines, tout y est ! Sur le coup, avec ma maman, ça nous a drôlement fait penser aux plages paradisiaques de Polynésie française.


Un nuage de Yens-Yens (petits moucherons vampiriques désagréables qui adorent la peau des touristes) nous a réservé un bel accueil. En Polynésie, on les appelait les nonos ! Pouldo, nous donne rendez-vous aux panneaux pédagogiques, pour nous refaire un briefing sur la faune et la flore qu’on retrouve sur l’île. Avant de partir en vadrouille, un ti-punch/planteur/jus local nous est offert… et oui ici, il n’y a pas d’heure pour commencer le ti-punch ! Des fruits et du pain local sont offerts pour accompagner la boisson ! Attention ici, on ne laisse rien par terre, même le reste des boissons est vidé dans la poubelle qui nous accompagnera partout tout au long de la journée !



Environ 20 minutes après, Direction le sentier qui mène au phare à la rencontre des iguanes antillais. Ça se fait facilement en tongs ou pieds nus pour les plus aguerris. En marchant le long de la plage, Pouldo nous parle des zones interdites à la baignade, qui sont délimitées par des bouées pour préserver certains herbiers. En chemin, toujours le long du lagon, on rencontre un bébé requin citron, qui vient nous dire bonjour et joue un petit moment à côté de nous !
Dès le début du sentier, le guide nous fait un point sur les iguanes endémiques de l’île; mais à peine ses explications terminées que maman crie “y’en a un là !!!” et oui ça faisait trois ans qu’elle essayait de les voir ! Ceci dit, sur l’île c’est impossible de les rater ! La veille il avait beaucoup plu, donc ils étaient tous en mode séchage/bronzage. Ce n’est pas la même espèce que l’on retrouve en Guadeloupe (je vous fais un point dessus après). Ils sont marron et plus gros mais surtout n’ont pas la queue rayée !


On continue le chemin en direction du phare, en s’arrêtant toutes les deux secondes pour contempler ces petits reptiles ! Arrivés au phare, il y a une sacrée colonie, de tous âges, vert pour les petits et femelles et marron pour les plus vieux mâles ! Pouldo, nous fait un petit topo sur l’histoire du site. Il y a un panneau en direction des vestiges mais l’heure tourne, donc nous revenons vers la plage pour nous laisser un bon temps de baignade et augmenter nos chances de rencontrer des tortues.


Je pars dans l’eau la première en repérage, le temps que maman et ses copains s’équipent (avec l’âge tout prend du temps ah ah ah !!!). Direction les herbiers qui sont autorisés et en quelques minutes, surprise, une petite tortue est tranquillement en train de manger ! J’appelle donc discrètement les retraités (histoire qu’il n’y ait pas 10 000 touristes).
Petite info pour ceux qui ne sont pas à l’aise dans l’eau, pas besoin d’aller loin pour les voir (on les voit surtout à 15 et 150 m du rivage). Nous avions pied aisément. Si je me souviens bien, il y avait entre 40 cm et 1,2 m d’eau ! Durant ce moment, on a pu observer deux autres tortues qui passaient par là. Niveau fréquentation de tortues, ce n’est pas non plus Mayotte, ici, il n’y en a plus beaucoup (36 tortues recensées avant Covid et 42 après) et elles sont petites mais toujours aussi mignonnettes !
Niveau Corail, oups, grosse déception puisque tout est mort, ou du moins, dans les zones où l’on peut nager. Peut-être qu’au-delà de la corde, non loin de la barrière les fonds marins sont plus beaux, mais nous n’avons pas le droit d’y aller… du coup, les poissons se font rares aussi !

Après ces merveilleuses découvertes, un dernier petit coup de planteur avant de reprendre la mer direction l’île de la Désirade ! Vingt minutes de navigation plus tard, nous voilà arrivées au port. On descend les affaires et on va se poser sur la plage à Fifi sous un carbet pour le repas ! Petit regret de ne pas avoir pu aller jusqu’à la réserve au bout de l’île car c’est vraiment magnifique ! mais bon, on ne pouvait pas tout faire non plus ! Nous resterons 2-3h sur l’île, durant lesquelles sieste, baignade, ou initiation au Zouk seront de la partie !
Retour à Saint-François vers 17h, le trajet se fait bien, dans le calme et nous permet de contempler la pointe des châteaux vue de la mer, des souvenirs merveilleux plein les yeux !
En savoir plus - Îles de Petite-Terre
La Faune de Petite-Terre !
Faune marine
Petit tour d’horizon de ce que vous pouvez trouver sur place.
- Les iguanes des Petites Antilles / Iguanes antillais / Iguanas delicatissima
Sur l’île, on recense environ 10 000 iguanes antillais ce qui représente un tiers de la population mondiale des iguanes des petites Antilles. Ils sont végétariens, et affectionnent particulièrement le feuillage. Ils ont une espérance de vie d’environ 15 ans. Ils pondent environ 30 œufs dans un trou et 2 mois après hop, on a un nouveau petit iguane qui reste vert durant ses premières années ! Ils peuvent mesurer jusqu’à 1m60 et peser 3kg ! Son principal prédateur, hormis nous les hommes, est bien sûr le rat ! (d’où le fait de ne pas laisser traîner nos déchets!!)
- Le Bernard l’hermite, ou Bernado-Bel-Modan (Souda en créole), est la mascotte de l’île !
Ils n’ont pas de carapaces et squattent celles des Burgos (sorte de coquillage noir). Ils sont très nombreux sur l’île !
- Les deux races Lézards : Anolis ou Scinques (Mabouyas)
Ces derniers sont plus rares et de couleurs bronzées. Arboricoles, ils se nourrissent d’insectes. Apparemment, ils n’apprécient pas les yens-yens, mythe ?
- Les poissons tropicaux
Diverses espèces comme les poissons coffres, perroquets, mais aussi des raies léopards ou pastenagues, bien que nous n’ayons pas eu la chance d’en voir (sniff…)
Les requins citrons sont inoffensifs, sauf si vous vous amusez trop avec eux ou si vous voulez leur faire un câlin ! On peut aussi rencontrer des crabes, oursins noirs, langoustes royales et Lambis ! Les chanceux pourront également apercevoir des dauphins lors de la traversée.

La faune Terrestre
- Les oiseaux
On retrouve notamment des sucriers à ventre jaune, des parulines jaunes, des huitriers qui se nourrissent de mollusques et ouvrent les coquillages avec leur grand bec ! Les migrateurs sont présents de septembre à novembre et d’avril à mai ! Principalement, on retrouve des petites sternes, dont l’espèce est menacée car elles pondent leurs œufs à même le sol et, entre les intempéries, les rats et les hommes, peu d’œufs arrivent à terme. Leur nidification a lieu d’avril à août. On trouve aussi le calicou à bec jaune.

La Flore des îles de Petite-Terre
La Flore marine
On retrouve principalement des algues et des herbiers qui constituent une grande réserve de nourriture, notamment pour les tortues marines !
La Flore Terrestre
Hormis les cocotiers (qui sont importants pour stabiliser le littoral) et les raisiniers bord-de-mer en grand nombre, on trouve aussi des Gaiacs qui sont en voie d’extinction car ils sont très recherchés pour leur bois dur utilisé pour confectionner des boules de billard et des poulies. Ils sont également réputés pour leurs vertus médicinales et olfactives.
L’île abrite aussi beaucoup d’agaves qui fleurissent une fois dans leur vie et peuvent atteindre 11 mètres de haut. On trouve également du pourpier bord-de-mer et du raisin noir !
Les îles de Petite-Terre - Le coin pratique
Quand y aller ?
Les îles de Petite-Terre peuvent être découvertes toute l’année. Cependant, elles sont très prisées, il vaudra donc mieux réserver à l’avance votre excursion si vous venez en pleine saison ! Nous avons d’ailleurs abordé ce sujet dans notre article sur le meilleur moment pour visiter la Guadeloupe !
De décembre à juin, généralement, la mer est plus agitée mais il y a souvent moins de pluie ! Pensez donc à vous renseigner sur les conditions d’annulation ou de report en cas de mauvais temps.
Comment y aller ?
Bien évidemment, il faudra vous rendre ici et nous avons rédigé un article complet qui vous explique tout ce que vous devez savoir pour vous rendre en Guadeloupe. Sur place, on vous recommande de regarder les voitures de location en comparant les prix sur le site de DiscoverCars.
Tous les départs se font à la gare maritime de Saint-François ! Pour vous y rendre, plusieurs solutions s’offrent à vous :
- Speed boat : cette option a l’avantage d’avoir moins de monde à bord, mais le bateau est moins spacieux et il est souvent interdit aux enfants de moins de 6 ans et aux femmes enceintes.
N’hésitez pas à jeter un coup à ces prestataires qui ont une excellente réputation !
- Le catamaran ou bateau à voile sont plus spacieux, plus ombragés et peuvent accueillir environ une quarantaine de personnes. Ils sont plus adaptés pour les familles ou pour les personnes sensibles à la mer.
- La location de bateaux avec ou sans skipper : dans ce cas, il est important de se renseigner sur la réglementation, notamment sur l’obtention d’une autorisation maritime nominative. Il est également interdit de jeter l’ancre, il faut donc louer une bouée auprès de l’association Tité.

A savoir
À l’heure actuelle, 22 bateaux sont autorisés à transporter des passagers à des fins commerciales. Le nombre de touristes ne peut excéder 200 personnes par jour et chaque transporteur doit informer ses clients sur la réglementation, la préservation des lieux et le comportement à adopter sur l’île, notamment de ne pas ramasser de coquillages et de ne pas toucher les tortues.
Tous les prestataires doivent fournir un repas déjà cuisiné pour éviter d’organiser un barbecue et potentiellement de dégrader l’habitat naturel sur place.
Les indispensables lors de la journée :
- De l’eau
- Un chapeau/casquette
- Privilégier un tee-shirt anti-UV (lycra) plutôt que la crème solaire
- Des lunettes de soleil
- Un change
- Un K-way
Conseil d’amis : si vous restez la journée, prenez des vêtements longs pour le repas afin de vous protéger des Yens-Yens !
Où dormir ?
Étant donné que le départ est matinal, il est préférable de dormir sur Grande-terre à proximité du lieu de départ la veille et le soir même, car après une journée comme celle-ci, 2 heures de route pour rentrer à Vieux-Fort peuvent sembler interminables.
À Saint-François, vous pourrez trouver votre bonheur pour tous les budgets. Voici quelques recommandations selon votre budget :
Petit budget (< 50€)
- Studio West Indies Manganao : un appartement climatisé tout près de la plage des Raisins Clairs, avec piscine extérieure, jardin, bar et parking privé.
- Bungalow La Papaye Bleue : un grand appartement bien équipé et lumineux, à seulement quelques minutes à pied de la plage, ça vous tente?
Budget Moyen (50-100€)
- Duplex à la marina : un bel appartement de 60m² très bien situé à la marina du bourg, parfait pour le départ des activités !
- Quenetier : dans un coin calme, vous profiterez d’un beau bungalow avec vue sur le jardin et d’une belle piscine privée !
Budget plus large (>100€)
- Hôtel & Villa Le Cocotel : des chambres superbement décorées, un bon petit déjeuner, dans un cadre verdoyant ! Un très bon rapport qualité-prix.
- Villa Zagadi : magnifique villa sur la Pointe des Châteaux avec une vue à couper le souffle sur l’océan, une belle piscine et terrasse ! Un coin parfait en famille !
- Hôtel Guadeloupe Palm Suites : un très bel endroit, bien réputé, proposant des studios dans un environnement calme avec une belle piscine extérieure, le tout avec un bon petit déjeuner.
En attendant, si vous êtes dans le coin de Saint-François, je vous invite vraiment à aller découvrir la Pointe des Châteaux, un très bel endroit pour randonner et profiter de la plage !
Et si vous êtes à la recherche d’un autre coin magique, pourquoi ne pas aller explorer les Saintes ?
À bientôt





