Parc archéologique des Roches gravées de Trois-Rivières
Dernière mise à jour : 06/05/2026
Comme très souvent pour nos articles, et surtout depuis que nous sommes en famille, nous avons dû retourner deux fois sur le site pour récupérer le maximum d’informations, mais aussi pour pouvoir refaire des photos tranquillement sans les enfants. Aujourd’hui, je vous parle d’un site, juste à côté de la maison ou presque, à moins de 10 minutes : le fameux parc archéologique des roches gravées, sur la Commune de Trois-Rivières.
Dès le départ, je tiens à préciser qu’il s’agit d’un article rédigé en partenariat avec le Conseil Départemental de la Guadeloupe. Pourquoi un partenariat pour un site culturel comme celui-ci ? Tout simplement car la diffusion de photos/vidéos est interdite et que vous devez demander l’autorisation pour le faire (comme sur d’autres sites des îles de la Guadeloupe).
Comme je le disais au début, la première fois que nous sommes venu, c’était avec les enfants, et même si Louis avait adoré la visite des lieux avec le guide (et posé de nombreuses questions…), c’est assez compliqué de tout écouter, prendre les photos et surveiller les enfants pour éviter qu’ils grimpent n’importe où, escalade des roches interdites, aillent se jeter dans la rivière ou encore arrachent les fleurs du jardin. Car, oui, même s’il s’agit bien d’un site culturel, d’un parc archéologique, on y vient aussi pour admirer un très beau jardin tropical rempli de fleurs et arbres, caractéristiques de la Guadeloupe, des Caraïbes, et d’autres îles tropicales de manière générale. Si vous vous posez la question, ce parc n’a rien à voir avec les deux autres jardins les plus connus du territoire : le jardin de Valombreuse et le jardin de Deshaies, qui sont eux uniquement tournés vers le côté “flore”.
Allez, je vous emmène à la découverte de ce beau parc archéologique où les amateurs d’histoire et de flore seront ravies de passer un moment. Nous l’avons été en tout cas et j’espère que cette petite balade en texte et photos vous plaira ! Je vais alterner dans le récit entre nos deux visites sur place. Sachez que les gravures de ces roches ont été datées de l’époque des indiens Arawak qui ont peuplé la Guadeloupe, il y a environ 1700 ans, entre 300 et 600 après JC. C’est quand même assez impressionnant de se dire que les roches que l’on va observer, du moins les pétroglyphes, sont aussi vieilles, mais pour autant bien conservées.
Pour information, la Guadeloupe est l’archipel qui possède le plus de gravure avec 1264 gravures. 830 sont listés sur la commune de Trois-Rivières, 224 sur le site du parc archéologique. A savoir que l’on ne considère pas une gravure comme un ensemble, mais bel et bien comme un simple visage, un carré ou un corps par exemple. Au vu du nombre de gravures sur Trois-Rivières (80% de l’archipel), on suppose que les amérindiens auraient pu débarquer en Guadeloupe à Trois-Rivières, mais cela reste qu’une supposition.
La visite du parc archéologique des roches gravées
Pour l’intérêt de cet article, nous décidons donc de revenir avec Mélanie sans les enfants et avons même le droit de venir un jour fermé. Nous sommes accompagnés d’un guide qui va nous refaire la petite visite que nous avions faite la dernière fois, le tout en prenant notre temps tranquillement pour faire des photos. Je vous expliquerais l’ensemble en bas de l’article dans le coin pratique, mais le parc archéologique est facile d’accès depuis le centre-ville de Trois-Rivières. Sur place, vous avez un petit parking, suffisant pour vous garer à mon sens. Vous avez également des toilettes disponibles au besoin.
En arrivant sur site, après être passé par le petit carbet de l’accueil, vous allez devoir attendre votre guide pour la visite. Je vous explique tout ça plus bas, mais effectivement, il n’est pas possible de visiter le site seul. En attendant, vous pouvez d’ores et déjà faire le tour d’un ensemble de panneaux explicatifs sous un grand carbet qui retrace l’origine des lieux, l’histoire de la Guadeloupe et des roches ou encore l’histoire géologique du coin. Pas mal d’informations à prendre d’ores et déjà.
Nous attendons notre guide au niveau du carbet et avons le droit à des explications sur le lieux. Il est notamment rappelé que l’ensemble du site a été classé par le Ministère de la Culture en tant que Monument Historique dès 1974, s’ouvrant dans la foulée au public pour la première fois en juin 1975. Le site fait partie de ce qu’on appelle plus communément les “sites des roches gravées de Trois-Rivières”, comprenant ce parc archéologique, mais aussi d’autres sites comme les roches gravées et polissoirs de l’Anse des Galets, les roches gravées de la Vallée de l’Or, les roches gravées et polissoirs de la rivière du Petit Carbet ou encore les roches travées de l’Anse Duquery, porte d’entrée de la randonnée du Sentier de la Grande Pointe.
Nous débutons la balade dans ce beau jardin de 1,2 hectares en empruntant une très belle allée de vétivers au départ du site. Les amérindiens s’en servaient déjà pour le parfum (la racine) et les tiges pour la vannerie. Au bout de cette allée, on peut d’ores et déjà observer les lieux qui sont superbes, encore plus par beau temps. Nous ne voyons pas encore de roches gravées d’ici, mais le parc est bien entretenu et bien fleuri.



Juste avant le petit pont en fer qui permet de traverser la rivière qui passe dans le parc archéologique, nous pouvons observer avec le guide de nombreuses espèces végétales classiques des tropiques notamment des madères (sortes de taro ou songe, un tubercule qui se mange) situées dans l’eau de la rivière.

Une fois le pont passé, on tombe directement sur notre droite sur la première grosse roche gravée du site. Un imposant rocher avec de nombreux pétroglyphes visibles. Lors de notre premier passage (vers 9h30 environ), les gravures sont moins bien visibles, mais elles le seront encore mieux au retour vers 11h, heure conseillée comme idéale pour la visite avec le guide.




En continuant juste après, au centre du parc si je peux dire, on retrouve encore une imposante roche posée au sol avec des gravures bien visibles. En réalité, on apprendra aussi que le sol a été creusé à cet endroit précis pour mettre à jour une partie des gravures.
Lors de notre second passage, le temps est vraiment beau et c’est très agréable de se balader dans ce petit jardin. Nous continuons notre chemin dans un ensemble de petits sentiers aménagés à travers la végétation et la flore locale (papayer, fruit à pain, fleurs diverses, etc.). En partie haute du sentier, on a même le droit à une belle vue du parc dans son ensemble.
Le sentier poursuit son chemin jusqu’à un autre ensemble de roches gravées, une particularité puisqu’on peut y apercevoir une gravure avec une coiffe. C’est la seule roche du site avec une coiffe aussi imposante. Dans certaines civilisations, la coiffe définit un certain statut dans la hiérarchie. C’est la raison pour laquelle on la nomme “Chef du village”.




L’ensemble est vraiment bien végétalisé et arboré à cet endroit puisqu’on y trouve notamment des châtaigniers, du café ou encore du bois d’inde. Ce dernier est réputé notamment pour l’odeur de sa feuille qui rappelle le clou de girofle. On s’en sert encore dans des préparations pour les douleurs musculaires et contre les moustiques. On peut utiliser directement la feuille en friction contre la peau ou on peut également faire macérer la feuille dans du rhum, préparation appelée “bay rhum”. La feuille et les graines sont aussi utilisées comme épices pour des plats en sauce, comme le ragoût de bœuf.




Nous continuons en traversant la petite rivière qui donne un côté mélancolique au parc. Derrière, on peut encore ici et là observer de la canne à sucre, un sol jonché du plan de giromon et des arbres à calebasses. Sur la droite, on observe un arbre connu localement, le Roucoulier qui donne ses belles graines de roucou, aux couleurs rougeâtres, si caractéristiques. D’ailleurs, les amérindiens faisaient de l’huile de roucou avec ses graines. C’était déjà un équivalent des huiles solaires. La graine a une particularité que nous raconte le guide. Si on la frotte contre la roche noire, cela donne un rouge vif, mais si l’on fait cuire la graine, la couleur tourne à l’orangé, voire cuivré. L’huile de roucou, aussi appelée beurre rouge, est encore utilisée dans les court-bouillon de poisson. On l’utilise aussi dans l’univers cosmétique pour la teinte. Enfin, chose que je ne savais pas, elle est aussi utilisée pour raffermir la peau d’un fromage, le reblochon.


Petit aparté également sur les calebasses, les fruits du calebassiers, arbre que l’on retrouve à plusieurs endroits du parc et dans pas mal de coins ici en Guadeloupe. L’arbre et les fruits peuvent prendre plusieurs formes et tailles. Les amérindiens l’utilisent déjà pour la vaisselle ou comme récipients pour manger, connu sous le nom de “kwi”. Il fallait évidemment en premier lieu couper la calebasse en deux, la vider de sa chair blanche et la laisser sécher (l’intérieur devient marron). A l’heure actuelle, on utilise les calebasses pour la musique (les chacha) et pour l’artisanat. Petite explication pour faire les chacha : on fait un petit trou à la tête, on gratte l’intérieur (avec du verre et de l’eau), on met ensuite des graines de toloman.
Vous pouvez regarder sur ce site pour en savoir plus sur la calebasse.
Nous arrivons sur un secteur dont la continuité a été fermée à cause d’éboulement en 2004, suite au séisme des Saintes. Il y a un petit banc posé là nonchalamment qui donnerait presque envie de s’y allonger. L’ambiance avec le bruit de la forêt est tout simplement superbe à mes yeux. On en profite pour faire quelques photos des environs avant d’arriver devant un superbe figuier maudit, nom donné à cet immense arbre qui étrangle tout ce qu’il l’entoure. Le spot est encore une fois très beau et j’adore ces arbres que l’on peut voir assez couramment lors des randonnées en Guadeloupe.

Sur le sentier qui fait donc demi-tour à cet endroit-là, vous pouvez apercevoir des polissoires dans le lit de la rivière. Dans le cas de ce parc archéologique, il s’agit d’une dépression circulaire creusée dans un bloc de roche dure. On en trouve également à d’autres endroits de la Guadeloupe et dans d’autres endroits du monde, sous la forme de gorges longitudinales. Ce bloc de roche servait notamment à fabriquer et polir les outils et armes en pierre. En Guadeloupe, il suffit de longer un cours d’eau ou une ravine pour pouvoir trouver un polissoire (même si c’est rarement simple en fait). On peut trouver des gros polissoires avec 3 ou 4 cavités à l’intérieur. On en trouve sur plusieurs endroits dans le parc.
En continuant sur le sentier du retour, on peut observer encore une fois des roches bien visibles sur le côté gauche.
Nous revenons enfin au droit du pont en fer que nous avons traversé au début de la balade. Nous sommes retournés prendre quelques photos des roches gravées du départ qui sont maintenant bien plus éclairées, ce qui rend quand même bien mieux.



Nous basculons de l’autre côté du pont pour terminer la balade de ce parc archéologique des roches gravées. Le guide nous explique pas mal de choses sur la flore locale et on peut notamment observer les différentes variétés de manioc, tubercule que l’on mange couramment avec Mélanie depuis que l’on vit dans les îles. Pour info, il existe le manioc et le K-manioc. La différence se fait dans la tige. Le manioc possède la tige rouge alors que celle du K-manioc est verte. Le manioc contient du cyanure. Il y a une méthode de râpage et de lavage pour extraire le cyanure. Le K-manioc est comestible directement.
On termine par l’observation de plusieurs pandannus, calebassiers, roucoulier ou encore des cotoniers. D’ailleurs, ce dernier qui donne du coton, a permis aux amérindiens de faire leur premier vêtement tissé.
La visite se termine par un retour au carbet principal du départ. Nous passons une bonne demi-heure à discuter avec le guide et d’autres personnes présentes sur site, de la Guadeloupe et de la vie ici. Un très bon moment. Personnellement, nous avons vraiment adoré le site et nous pensons que ça vaut le coupe d’œil si vous êtes dans les parages. Nous évoquons aussi le musée du Moule, le musée de la préhistoire amérindienne Edgar-Clerc, que nous n’avons pas encore eu le chance de visiter, mais que nous irons un de ces quatre.
Compter 1h30 environ pour la visite.
Coin pratiques : visiter le parc archéologique des roches gravées
Comme à mon habitude, je termine cet article par le côté pratique pour visiter le site. Voici ce que vous devez retenir de manière générale :
- L’entrée du site est actuellement gratuite depuis des années. En effet, depuis le séisme des Saintes (2004), une partie du site a été touché par un éboulement et a été fermée au public,
- Des projets de travaux de rénovation sont en cours sur le site, mais je n’en sais pas franchement plus pour l’instant,
- La visite avec un guide est obligatoire sur le site et entre nous, c’est franchement intéressant. J’ai visité les lieux deux fois avec deux guides différents et nous avons appris des choses lors des deux visites, chaque guide ayant une façon propre à lui d’expliquer certaines choses,
- Le parc est actuellement ouvert du mardi au samedi avec des visites à 9h, 10h, 11h, 14, 15h et 16h. Tout le monde nous a conseillé (et on le confirme) que la meilleure heure était celle de 11h, moment où le soleil est le mieux placé pour voir les pétroglyphes
- Réservations au téléphone au 0590 92.91.88
Comment y aller ?
Rien de bien compliqué ici puisque vous allez tout simplement devoir vous rendre au centre-ville de Trois-Rivières, à l’extrême sud ou presque de l’île de la Basse-Terre. Je vous donne un itinéraire depuis Saint-Claude jusqu’au parking du Parc archéologique.
Pour les voitures de location pour votre séjour en Guadeloupe, on recommande souvent de comparer les prix sur le site de DiscoverCars. On y a réservé récemment notre séjour d’un mois au Costa Rica avec des prix au top pour le mois de loc.
Où dormir autour du parc ?
Évidemment, comme souvent, il y en aura pour tous les goûts et toutes les bourses. Voici trois recommandations qui ont une très bonne réputation :
- La Suite Sapotille : Cet appartement spacieux est bien équipé avec une belle terrasse privée
- Grand T2 appartement : voici un bel appartement avec piscine et vue sur les Saintes pour un prix plus que correct !
- Le Jardin Malanga : nous devons aller tester cet hébergement car on nous en a dit que du bien. Un cadre exceptionnel en plein nature, vous allez adorer !
Vous pouvez également rechercher toutes les locations sur la ville de Trois-Rivières.
Que faire autour du Parc des roches gravées ?
Je termine enfin cet article par quelques lignes sur les immanquables autour. Parmi les idées que je peux vous donner si vous êtes dans le coin :
- La maison de la banane à Trois-Rivières,
- Passer une journée ou plusieurs sur Terre-de-Haut ou terre-de-Bas, aux Saintes (îles juste en face à moins de 30 minutes de bateau),
- Allez vous baigner à la plage de Grande-Anse : une belle plage de sable noir que l’on adore avec les enfants,
- Une randonnée au Sentier de la Grande Pointe pour découvrir le littoral de la commune,
- Aller boire un verre au coucher de soleil au phare de Vieux Fort. On y va souvent, c’est juste à côté de la maison !
- Un peu plus loin, en remontant vers l’intérieur des terres, vous pouvez aller vous balader au Bassin bleu pour découvrir une belle cascade dans un superbe cadre,
- Le bain des Amours peut-être aussi un arrêt sympa pour aller se relaxer en fin d’après-midi (même si je recommanderais plus d’y aller le matin tôt).
Il y aurait bien d’autres choses à voir et à faire, mais voilà quelques idées pour dans le coin. Si vous êtes à la recherche d’une cascade plus impressionnante et en plein cœur du parc national, n’hésitez pas à aller randonner à la Chute du Galion, au pied du volcan de la Soufrière.
Je vous dis à bientôt.
Écrit par Sylvain PONS
Depuis 2021, je vis en famille avec Mélanie et nos deux enfants sur l’archipel de la Guadeloupe. Nous parcourons ces belles îles à la découverte de ses trésors que nous partageons avec plaisir !
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